Le traumatisme crânien

Qu’est-ce qu’un traumatisme crânien ?

Lors d’une chute, ou d’un choc, la boîte crânienne protège le cerveau.à la manière d’un casque de motard, l’ensemble des lésions que subit alors le crâne est appelé traumatisme crânien. Ces lésions sont physiques et mécaniques :

– Le coup fait refluer la masse crânienne et provoque une diffusion des lésions. C’est la commotion.

– Le choc fait tourner la masse cérébrale et provoque un arrachement vasculaire avec saignement : l’hémorragie comprime et altère la substance cérébrale ; la perte de conscience est plus ou moins reportée selon la vitesse de l’écoulement (elle peut être précédée de somnolence, vomissement, absence ou fourmillement). C’est la contusion, avec une lésion localisé.

L’évolution

L’évolution du traumatisme crânien s’étale sur des années, pour les personnes les plus touchées, il n’y a malheureusement aucune certitude sur la récupération totale des facultés du blessé. Chaque TC est différent.

Quatre étapes se succèdent :

– la période aiguë (réanimation et soins intensifs) ;

– la période d’éveil avec retour progressif ponctué de phases de stagnation et de régression, troubles du langage et de la conscience ;

– la période de réadaptation avec la régression plus ou moins longue des troubles de la période précédente ;

– la période de réinsertion familiale et sociale quand ont été récupérés les principaux moyens fonctionnels.

Le coma

Le coma pourrait être comparé à la réaction de protection du cerveau, due aux surpressions sanguines dans la boite crânienne. Chaque coma est unique, et engendre des complications différentes suivant l’âge des personnes traumatisées, le type de choc, la profondeur du coma et sa durée…

Toutefois, on peut donner à titre indicatif une échelle

– niveau 1 (ou coma vigile) : le sujet réagit à la stimulation ;

– niveau 2 : le sujet ne réagit pas immédiatement à la stimulation ;

– niveau 3 : il n’y a plus d’ouverture des yeux mais demeure encore une possibilité de gestualité ;

– niveau 4 (ou coma carus) : il n’y a plus de réaction aux stimulations ; la respiration est assistée du fait d’encombrements de l’appareil respiratoire ; mais comme pour l’échelon 3, il y a encore activité cérébrale, même si elle est perturbée et si les fonctions végétatives sont lésées.

Au-delà, le coma est dit “dépassé” : l’électroencéphalogramme est plat, la respiration autonome est impossible. Le corps est susceptible de constituer une source de prélèvements d’organes.

Le bilan

On ne peut poser de pronostic sérieux avant 6 mois. De même, tout espoir est possible durant une période de 3 ans. Entrent en jeu, tant les séquelles physiques comme, par exemple, les lésions articulaires, que les séquelles neuropsychiques.

Le texte de cette page est issu d’une publication de D. BEAUNE, G. GOUESPEL, P. GROS ; Intérêt de la neuropsychologie dans la prise en charge du traumatisé crânien in Les apports de la neuropsychologie. B.E.M.E.A.P.F. n° 9 ; avril 1987.

D’autres informations sur le site de l’UNAFTC : http://www.traumacranien.org/index.php?option=com_content&view=article&id=58&Itemid=77

Les principales causes

Les principales causes de traumatisme

Le traumatisme crânien est une des conséquences les plus dramatiques des accidents de la voie publique, du travail ou de la vie quotidienne. (accidents automobiles, chutes, coups…)

Il y a vingt ans, les victimes d’un traumatisme crânien accidentel grave mouraient sur le bitume. Aujourd’hui beaucoup survivent grâce à la rapidité d’intervention des S.A.M.U. et aux progrès de réanimation et de rééducation.

Quelles en sont les conséquences ?

Les séquelles physiques (hémiplégie, épilepsie, aphasie, etc..) sont les plus visibles, mais pas obligatoirement les plus graves. L’essentiel du handicap provient en fait des troubles intellectuels et des troubles du comportement : une mémoire et une attention déficientes qui entravent tout nouvel apprentissage, une lenteur dans tout ce que le blessé fait ou dit, des difficultés de communication avec autrui. De ce fait, les victimes de traumatisme grave sont laissées pour compte par les amis (en premier) puis, souvent, par certains membres de la famille même proche.

Difficile de bâtir un nouveau projet professionnel, de nouvelles amitiés, toute une nouvelle vie, lorsque la mémoire défaille. Difficile également de se positionner par rapport à la personne d’avant le traumatisme, difficile et souvent impossible de répondre aux attentes des proches. Difficile de devoir dépendre de la mémoire des autres, difficile parfois aussi d’accepter de ne plus jamais pouvoir travailler.

Difficile également pour l’entourage d’accepter le « nouveau » compagnon, bien différent, avec des difficultés quotidiennes lourdes à porter, et des horizons qui changent. La famille est mise à rude épreuve, pour de longs mois. Accepter cet accident de vie, et rebâtir complètement une nouvelle vie, nécessitent une force personnelle et collective impressionnante.

Quelles sont les chances de s’en sortir ?

Humeur instable, manque de contrôle de soi et perte d’autocritique sont les principaux risques d’exclusion sociale du traumatisé crânien.

Ce profil singulier, ce handicap invisible au premier abord, font du traumatisé crânien un ” autre ” parmi les handicapés.

Même peu touché physiquement, il trouve difficilement sa place dans les centres de rééducations motrices. Ses difficultés psychiques diffèrent de celles d’un patient traité à l’hôpital psychiatrique. Enfin, il se distingue des handicapés de naissance par le souvenir de sa vie antérieure normale, d’une rupture avec lui-même. Il en résulte un handicap social.

Peut-on espérer redonner à chaque traumatisé assez d’autonomie pour qu’il se réinsère ?

Pour l’instant, il n’existe que des réponses individuelles : certains s’en sortent un peu, d’autres beaucoup, d’autres pas.

Quelques éléments importants :

– Le bouleversement qui suit le TC concerne tous les aspects de la vie, et a des répercussions quotidiennes et permanentes

– Le soutien de proches et de la famille est primordial dans l’évolution du traumatisé crânien, et ce sur le long terme.

– Il faut accepter la « disparition » de la personne d’avant l’accident, pour faire une nouvelle place à l’ami, au conjoint, au parent, qui est déboussolé.

– Il faut également accepter qu’on ne puisse plus jamais travailler dans certains cas, et donc remettre en place un tissu social malgré tout. Dès lors, retrouver une place au traumatisé dans la famille, et la société, dépendra des proches et du blessé lui-même. Trouver un investissement associatif par exemple, nécessitera l’acceptation de ses limites par le traumatisé mais surtout d’être relancé quotidiennement par l’entourage, sans se décourager, ou s’irriter.

– Sans tomber dans l’optimisme déraisonnable, l’optimisme doit être présent, sans naïveté. Juste espérer, faire confiance et enfin accepter.

Le texte de cette page est issu d’une publication de D. BEAUNE, G. GOUESPEL, P. GROS ; Intérêt de la neuropsychologie dans la prise en charge du traumatisé crânien in Les apports de la neuropsychologie. B.E.M.E.A.P.F. n° 9 ; avril 1987.

livret-accueil-familleLivret d’accueil des familles :
Voici le livret d’accueil des familles, crée par l’AFTC 29 et l’Amiral Jean PICART.

REUNICA soutient cette démarche et a permis de tirer ce guide à trois mille exemplaires

Retrouvez le livret d’accueil des familles en téléchargement libre (version PDF, 2 Mo)

Les commentaires sont clos.